Balade sur les traces de l’Aqueduc de Nîmes

Nous partons aujourd’hui, à la découverte des vestiges de l’aqueduc romain qui alimentait en eau la cité de Nemausus.
Notre route commence au pied de la source d’Eure à Uzès, se poursuit dans la garrigue gardoise en passant par le célèbre Pont du Gard et l’un des tunnels de Sernhac, pour s’achever 50 km plus loin au castellum aquae de Nîmes.

A l’époque antique, Nîmes s’appelait la colonia augusta nemausus. Cette cité gallo-romaine s’étendait sur une superficie de 220 ha. Elle était entourée d’un rempart long de 6 km qui protégeait une population d’environ 20000 habitants. C’est sous le règne d’Auguste que l’ancienne capitale des volques arécomiques se pare de ses attributs romains (forum, augusteum, temples, enceinte…).

La ville de Nîmes possède déjà une source (sacrée) mais les besoins en eau de la cité gallo-romaine deviennent plus importants et celle-ci ne suffit plus, et ce d’autant que son débit est irrégulier.

En effet, des édifices comme les thermes demandent beaucoup d’eau, tout comme les foulons ou les fontaines publiques qu’on construit aux coins des rues.

Les romains, mis à part quelques riches familles, n’ont pas l’eau courante dans leur domus ou leur insulae. Ils passent donc une bonne partie de leur journée à l’extérieur : toilette aux thermes, travail, restauration dans les tabernae…

Ce besoin croissant en eau pousse donc les romains à construire un aqueduc qui apporterait un supplément d’eau à la ville et surtout elle arriverait sous pression et permettrait ainsi d’être redistribuée dans toute la ville.

Le tracé d’un aqueduc répond tout d’abord à une logique de gravité. Les romains ont donc cherché une source pérenne à une altitude supérieure au point d’arrivée de l’aqueduc à Nîmes : 59m d’altitude. Ils ont choisi les sources d’Eure à Uzès (Ucetia) qui se trouvent à 71m d’altitude.

Les ingénieurs romains étudient ensuite le terrain et calculent le meilleur tracé possible pour la construction de l’aqueduc. Celui-ci fera 50km de long. Pourtant à vol d’oiseau, la distance entre Uzès et Nîmes, n’est que d’une vingtaine de kilomètres. Mais les romains sont obligés de contourner le relief de garrigue car cela leur coûterait trop cher et leur prendrait trop de temps de creuser des tunnels. Ils décident donc de contourner ce relief et de développer l’aqueduc sur une distance de 50km en s’adaptant au terrain. Ce qui nous donne une pente moyenne de 25cm par kilomètre (ce qui est fort peu vu que la plupart des ouvrages du même type avaient en moyenne une pente de 60cm par km).

Il faut donc imaginer l’aqueduc comme un immense serpent de pierres qui traverse la campagne et franchit vallées et rivières. En effet, l’aqueduc est à 90% souterrain, ce qui permet d’assurer la fraîcheur et la pureté de son eau. Mais il faut parfois que son tracé s’adapte au relief qu’il traverse et c’est pourquoi on trouve 3 tunnels et 17 ponts sur son parcours.

Les travaux de construction de l’aqueduc se situent vers 50 ap. J.-C. sous le règne de l’empereur Claude.

Pont Rou et ses 37 arches (site du Pont du Gard).

Concrétion calcaire le long de l’aqueduc.

– L’aqueduc est définitivement abandonné au début du 6ème siècle.
– Au Moyen Age, les pierres de l’aqueduc servent à construire les édifices des villages alentours (ex : église de St Bonnet du Gard).

Les romains ont mis 5 ans pour construire ce pont et entre 10 et 15 ans pour l’aqueduc dans son ensemble. Un millier d’hommes se sont affairés sur ce chantier gigantesque.

Visite du 3ème niveau du Pont du Gard

Plus d’informations sur http://www.pontdugard.fr/fr/toutes-les-informations

1844 : construction d’un escalier pour accéder à nouveau à la canalisation au sommet du pont-aqueduc.

Le specus fait 1,20m de large pour 1,80m de hauteur avec un plafond en voûte la plupart du temps (pas au niveau du Pont du Gard). Il se compose de moellons en petit appareil recouvert d’une couche de béton de tuileau qui permet d’imperméabiliser la conduite et enfin d’une couche de badigeon rouge. Cette dernière couche permettait aux ouvriers chargés de la maintenance de l’ouvrage de savoir quand s’arrêter d’enlever les dépôts sur les parois. En effet, l’eau au fil du temps dépose des sédiments sur les parois du canal et des concrétions se forment rétrécissant ainsi sa largeur et réduisant son débit. Un entretien régulier était donc nécessaire pour que le canal ne se bouche pas et les ouvriers savaient que lorsqu’ils voyaient cette couche de peinture rouge, il fallait s’arrêter pour ne pas abîmer la couche imperméable.

Les romains possédaient pour construire cela une technologie fondée sur le principe de machines simples comme les leviers, les poulies, les treuils… Les plus représentatifs de ces engins de levage sont la chèvre, les pinces et la louve.

L’aqueduc de Nîmes va fonctionner et approvisionner Nîmes en eau pendant environ 500 ans. On distingue cependant 3 phases :
– Une période de réglage de 15 ans environ.
– Une période de fonctionnement optimal de 150 ans environ.
– Une période d’abandon progressif au cours du 3ème siècle avec des piquages d’eau par les paysans.

Le Pont du Gard en quelques chiffres c’est 48,77m de hauteur et 360m de long à l’origine.

3 niveaux d’arches : 6 au premier niveau dont la principale qui mesure 24,50 de large et qui enjambe le Gardon ; 11 au second niveau et 47 au troisième (12 aujourd’hui disparues).

Les deux premiers niveaux sont construits en grand appareil (opus quadratum). Les blocs qui peuvent peser jusqu’à 6 tonnes, sont assemblés à joints vifs, c’est-à-dire sans mortier, juste à l’aide de crampons de bois.
Le troisième niveau qui soutient l’aqueduc est quant à lui construit en petit appareil lié au mortier de chaux.

On peut observer sur les piles du pont qui jouxtent l’eau du Gardon, des avant-becs qui permettent en période de crue de la rivière de briser le courant ou les troncs d’arbres qui pourraient éventuellement venir s’abattre sur le pont.

Au premier étage, vous pouvez également voir quelques vestiges de la période de construction du pont :
– Des chiffres romains sur les pierres sous certaines arches qui permettaient de savoir dans quel ordre poser les blocs.
– Les claveaux saillants visibles de chaque côté des arches et sur lesquels reposaient les cintres en bois qui ont permis l’édification de celles-ci.
– Les boutisses qui sont ces pierres que l’on voit dépasser des piles et qui étaient utilisées jadis comme appui pour les échafaudages.

Tunnel de Sernhac : 400 mètres de long avec des traces de pics faites lors du creusement visibles sur les parois.

L’eau mettait ainsi en moyenne 1 jour et demi pour effectuer son parcours de la source jusqu’au castellum de Nîmes. L’eau était ensuite distribuée dans différents quartiers de la ville à l’aide de 10 gros tuyaux en plomb.

Les ingénieurs romains étaient vraiment très forts, vous ne trouvez pas ?!

A bientôt pour de nouvelles escapades ici ou ailleurs…

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