Le château de Salveterra
Perché à plus de 400 mètres d’altitude, le château de Salveterra domine fièrement la plaine du Roussillon et la vallée de l’Agly. Construit au XIIIe siècle par Jacques Ier d’Aragon, il servait autrefois de poste avancé stratégique à la frontière entre le Royaume de France et le Royaume d’Aragon.

Aujourd’hui en ruines, il n’en reste pas moins impressionnant, avec ses vestiges de remparts et sa position spectaculaire sur un éperon rocheux battu par les vents.

L’ascension vers le château se mérite : un sentier caillouteux grimpe à travers la garrigue, dévoilant peu à peu un panorama époustouflant sur les Corbières et, par temps clair, jusqu’à la Méditerranée. Une fois en haut, on imagine sans peine la vie des soldats qui surveillaient ces terres autrefois disputées.
Le village abandonné de Périllos
Perdu au beau milieu des reliefs escarpés des Corbières, le village abandonné de Périllos dégage une atmosphère unique, entre mystère et poésie. Autrefois habité, il a peu à peu été déserté en raison de son isolement et de ses conditions de vie difficiles. L’eau y était rare, les terres peu fertiles, et l’éloignement des grands axes rendait le quotidien compliqué. Face à l’exode rural du XXe siècle, les derniers habitants ont fini par partir, et dans les années 1970, le village n’était plus occupé à l’année.

Mais son histoire ne s’est pas arrêtée là. Depuis 2006, l’Association Terre de Pierres s’attelle à restaurer ce patrimoine hors du temps, redonnant vie à ses ruelles oubliées chaque été. Parmi les vestiges encore debout, l’église romane Saint-Michel veille toujours sur ce décor minéral. Depuis les hauteurs du village, le panorama est très sympa. Ce décor chargé d’histoire et de légendes a d’ailleurs servi de cadre à certaines scènes du téléfilm Tout le bleu du ciel, avec Camille Lou et Hugo Becker, diffusé sur TF1 en janvier 2025, et adapté du roman de Mélissa Da Costa.

Si vous êtes curieux des mythes entourant Périllos, je vous invite à explorer le site Los Babaos. Entre réalité et récits fantastiques, ce village oublié continue d’alimenter bien des mystères…

Sur place, vous pourrez lire ce message inscrit sur la façade d’une maison : « Ville de Périllos – Site historique. Longue vie. Visiteurs et touristes soyez les bienvenus dans la commune qui a été si chère à nos ancêtres qui sont outre tombe en face de nous et à qui nous devons tant de respect. On vous demande de respecter ce qui reste de la commune, et surtout les récoltes de ceux qui l’habitent encore et ceux qui viennent chaque jour travailler, car c’est le fruit de leur labeur tant mérité. Méfiez vous les murs ont des yeux et les fenêtres des oreilles. A votre bon sens. Tous nos respects et remerciements. »
La grotte de La Caune
A quelques pas en contrebas du village abandonné, la grotte de La Caune est un véritable trésor naturel. Cette cavité imposante, d’environ 50 mètres de long et 20 mètres de large, a probablement servi d’abri aux hommes préhistoriques avant d’être fréquentée au fil des siècles par bergers et voyageurs. Son nom, Caune, vient d’ailleurs de l’occitan et signifie « grotte ».

L’accès à la grotte se fait par un sentier serpentant à travers la garrigue et les rochers. Une montée un peu sportive, mais qui vaut largement l’effort ! Une fois sur place, on découvre une vaste ouverture. L’atmosphère y est particulière, presque mystique, et il n’est pas étonnant que plusieurs légendes entourent ce lieu. Certains racontent que La Caune aurait servi de refuge aux Cathares en fuite, d’autres évoquent des trésors cachés ou encore d’étranges phénomènes inexpliqués.

Si l’exploration des lieux se fait rapidement, il est essentiel de préserver ce site fragile. La grotte abrite une faune discrète, notamment des chauves-souris, et les parois rocheuses témoignent d’une histoire millénaire. On évite donc de crapahuter partout, d’allumer un feu ou de marquer les parois, comme d’autres imbéciles l’ont fait avant ! Et surtout on repart avec ses déchets pour laisser intacte cette merveille cachée des Pyrénées-Orientales.
Le genévrier cade d’Opoul
Sur la commune d’Opoul-Périllos, vous trouverez également un arbre remarquable : un genévrier cade. Celui-ci attire les curieux et les amoureux de nature. Cet arbre hors du commun, âgé de plusieurs siècles, impressionne par ses dimensions exceptionnelles. C’est l’un des plus vieux et des plus imposants genévriers cades de France, un véritable survivant des Corbières catalanes.

L’accès à cet arbre se fait par un sentier balisé, à travers un paysage de garrigue et de vignes. La balade est facile et accessible à tous. Mais devant cet arbre vénérable, une pause s’impose : on prend le temps d’admirer son envergure, d’imaginer tout ce qu’il a traversé au fil des siècles, et de respecter son environnement fragile.
Pour en savoir plus sur son histoire, je vous invite à consulter mon article sur « Les arbres remarquables d’Occitanie ».
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A bientôt pour de nouvelles escapades ici ou ailleurs…





Les arbres remarquables d'Occitanie - LES CHEMINS DE TRAVERSE
2.02.2025 at 11:29[…] Le site d’Opoul-Périllos, avec ses paysages rocailleux et son atmosphère hors du temps, se prête à une pause contemplative. Non loin de là, vous trouverez les ruines du village abandonné de Périllos et l’imposante forteresse d’Opoul, ou encore la grotte de La Caune. Une balade idéale pour les amateurs de nature et de patrimoine oublié. Pour en savoir plus, direction mon article « Escapade autour d’Opoul-Périllos« . […]