Tu prépares un road trip en Sicile et tu cherches un itinéraire pour 1 semaine ? Découvre un circuit complet à travers les incontournables de l’île : villes baroques, plages, sites antiques, nature et paysages volcaniques. De Palerme à l’Etna, en passant par la Vallée des Temples, suivez mon circuit pour explorer les incontournables et profiter au mieux de votre voyage.
Une journée à Palerme, capitale de la Sicile
Impossible de débuter ce road trip en Sicile sans découvrir Palerme, une ville vibrante où se côtoient les influences arabes, normandes et baroques. Son centre historique, l’un des plus vastes d’Europe, se parcourt facilement à pied – et c’est une chance, car en voiture, c’est l’anarchie ! J’ai adoré l’atmosphère unique de cette ville, riche en patrimoine.
Itinéraire à pied pour découvrir les incontournables de Palerme
Départ : Quattro Canti
Commence ta balade au Quattro Canti, un carrefour emblématique surnommé le théâtre du soleil car chaque façade baroque est illuminée à tour de rôle au fil de la journée. Conçu au XVIIe siècle par l’architecte Giulio Lasso, ce carrefour octogonal est orné de statues représentant les saisons, les rois espagnols et les saintes protectrices de la ville.

Piazza Pretoria et sa fontaine monumentale
Juste à côté, la Piazza Pretoria attire tous les regards avec sa fontaine Renaissance spectaculaire, sculptée par Francesco Camilliani au XVIe siècle. Installée ici en 1573, elle est ornée de nymphes, tritons et divinités fluviales. Son élégance contraste avec l’animation du quartier environnant.
Les trésors byzantins : la Martorana et San Cataldo
À quelques pas, la Chiesa della Martorana, aussi appelée Santa Maria dell’Ammiraglio, abrite des mosaïques dorées parmi les plus belles de Sicile. Construite au XIIe siècle, elle témoigne de l’influence byzantine sur l’île. Juste à côté, la San Cataldo, avec ses coupoles rouges caractéristiques, offre un autre exemple fascinant de l’architecture arabo-normande.
Le Palais des Normands et la Chapelle Palatine
Direction le Palazzo dei Normanni, une ancienne forteresse arabe transformée en palais royal par les Normands. Aujourd’hui siège du gouvernement sicilien, il abrite surtout un véritable trésor : la Chapelle Palatine. Commandée par Roger II, elle est célèbre pour ses mosaïques étincelantes et son plafond en bois sculpté d’inspiration arabe. Un joyau classé à l’UNESCO, décrit par Maupassant comme « le plus surprenant bijou rêvé par la pensée humaine ».

Cathédrale de Palerme et panorama sur la ville
Continuez jusqu’à la cathédrale de Palerme, un édifice aux influences multiples (normandes, gothiques, baroques…). L’intérieur est sobre, mais les tombeaux royaux rappellent son rôle historique. Monte sur les toits pour profiter d’une vue imprenable sur la ville et les montagnes environnantes.

Porta Nuova et le marché de Ballarò
En quittant la cathédrale, passe sous la Porta Nuova, monumentale porte d’entrée de la ville construite au XVIe siècle. Puis plonge dans l’ambiance typique du marché de Ballarò, le plus ancien de Palerme. Entre les étals de fruits colorés, les vendeurs qui crient pour attirer les clients et les odeurs d’arancini et de panelle, c’est une immersion totale dans la culture sicilienne.

Teatro Massimo, le joyau lyrique de Palerme
En fin d’après-midi, fais un détour par le Teatro Massimo, le plus grand opéra d’Italie et le troisième d’Europe après ceux de Paris et Vienne. Si tu as le temps, une visite guidée permet d’admirer son architecture majestueuse et d’accéder aux coulisses.

Dernière halte : Chiesa di Santa Caterina
Pour finir la journée en beauté, grimpe sur le toit de la Chiesa di Santa Caterina. Cette église baroque est un véritable bijou, et depuis son sommet, la vue sur les toits de Palerme au coucher du soleil est inoubliable.

J’ai beaucoup aimé Palerme pour son incroyable richesse patrimoniale et son ambiance vibrante. La ville est un vrai labyrinthe architectural où chaque coin de rue révèle un palais caché, une église somptueuse ou un marché animé. Tout se visite facilement à pied ! Entre trésors culturels, ambiance méditerranéenne et cuisine savoureuse, Palerme est une étape incontournable en Sicile.
Côte ouest de la Sicile : Ségeste, Erice et Sélinonte
Après l’agitation de Palerme, cap sur l’ouest de la Sicile pour une étape hors des grandes villes, à la découverte de sites antiques fascinants et d’un joli village perché. Une région où l’histoire se dévoile à ciel ouvert, entre temples grecs, châteaux médiévaux et vues spectaculaires sur la Méditerranée.
Ségeste
À 30 minutes de Trapani, ce site archéologique est l’un des plus beaux de Sicile. Ségeste, fondée par le peuple des Élymes, est un lieu chargé d’histoire, perché sur une colline qui offre un panorama exceptionnel. Ils s’installèrent en ces lieux dès l’âge du bronze. Aujourd’hui, ne reste de cette cité antique que son temple dorique et son théâtre.

Le temple dorique, construit en 430 av. J.-C., impressionne par sa taille et son état de conservation. Ses 36 colonnes non cannelées révèlent qu’il n’a jamais été achevé. Son isolement, au milieu des collines, lui donne une atmosphère presque mystique.
Le théâtre antique, situé plus haut sur la colline, date du IIIe siècle av. J.-C.. Il est orienté face à la mer, offrant un point de vue incroyable. En été, des représentations théâtrales y sont encore organisées.
Erice
Ce joli village médiéval perché à 750 mètres de hauteur sur le mont Eryx domine la plaine de Trapani. La météo ici est très changeante, on peut passer en quelques minutes d’un beau soleil à brouillard et grand vent !
Le Castello di Venere, construit au XIIe siècle par les Normands sur un ancien temple de Vénus, se trouve sur le promontoire sud du village. De là, la vue est imprenable.
La Cathédrale (Duomo dell’Assunta), édifiée en 1312 sous Frédéric III, impressionne par sa façade massive et son clocher isolé.
Se perdre dans les ruelles pavées, bordées d’églises (il y en a une soixantaine !), de petits commerces et de pâtisseries traditionnelles.

Où goûter aux spécialités locales ? Ne pars pas sans tester les dolci ericini, des pâtisseries aux amandes typiques de la ville. L’adresse incontournable : Pasticceria Maria Grammatico – Via Vittorio Emanuele 14

La Trinacria, symbole de la Sicile, est un triskèle adopté par le parlement sicilien et approuvé par l’État italien en février 2000 pour figurer au centre du drapeau sicilien entre le rouge et le jaune. Ce symbole tire son nom de l’ancien nom grec de la Sicile, en raison de sa forme triangulaire avec ses trois caps : Peloro, Passero et Lilibero. Au centre, on retrouve une tête de gorgone ou de méduse avec des serpents en guise de cheveux. Parfois, elle est représentée avec une tête de femme ailée, symbolisant le temps infini, entourée de serpents pour la sagesse. Plus tard, les serpents ont été remplacés par des épis de blé, des agrumes ou des figues de barbarie, symboles de la fertilité de l’île.
Sélinonte
Moins connu qu’Agrigente, mais tout aussi spectaculaire, Sélinonte est l’un des plus vastes sites archéologiques d’Europe. Sélinonte est une colonie grecque fondée en 628 av. J.-C. par d’anciens habitants de Megara Hyblaea. Quand ils s’installèrent ici, la plaine était alors envahie par le céleri sauvage (selinon en grec), ils baptisèrent donc leur nouvelle colonie Selinos. Cette cité prospéra grâce au commerce avant d’être détruite par Carthage. Aujourd’hui, ses temples monumentaux offrent un décor impressionnant, face à la mer.

Le site archéologique est divisé en trois zones. Commencez par la zone des temples de l’Est :
Le temple E, dédié à Héra, est le mieux conservé. Construit au 5ème siècle avant J.-C., il a été relevé en 1958 et son état de conservation est vraiment remarquable. On se sent vraiment tout petit au milieu de ces vestiges…
Les temples F et G, en ruines, témoignent de la démesure architecturale de l’époque. Le temple G aurait été l’un des plus grands temples grecs jamais construits.
Poursuivez avec l’Acropole : située sur un plateau ceinturé de murailles, elle était le cœur politique et religieux de Sélinonte. En arpentant les vestiges, on retrouve facilement le plan en damier des cités antiques où les rues se coupaient à angle droit. C’est ici que s’élevaient les demeures des classes aisées, ainsi que les édifices publics et religieux.
Le temple C, probablement dédié à Apollon, est le plus ancien du site (VIe siècle av. J.-C.).
Sicile d’ouest en est : Scala dei Turchi, la Vallée des temples d’Agrigente et la Villa Romana del Casale
La route se poursuit aujourd’hui sur la côte méditerranéenne de l’île entre mer et vestiges grecs près d’Agrigente. Puis nous nous enfonçons ensuite dans les terres à la découverte de mosaïques romaines parmi les mieux conservées au monde !
Scala dei Turchi, un escalier de calcaire face à la mer
À une quinzaine de kilomètres à l’ouest d’Agrigente, près de Realmonte, la Scala dei Turchi est un site naturel spectaculaire. Cette falaise de calcaire blanc immaculé plonge doucement dans la mer, formant des marches naturelles façonnées par le vent et les vagues. Son nom, qui signifie « L’escalier des Turcs », vient des pirates arabes (appelés « Turcs » par les Siciliens) qui s’y réfugiaient autrefois lors des tempêtes. Aujourd’hui, c’est un lieu prisé pour admirer le coucher du soleil, les nuances du ciel se reflétant sur la roche. Attention cependant : pour préserver ce site fragile, il est désormais interdit d’y marcher. La meilleure façon d’en profiter reste donc de l’admirer depuis la plage ou d’embarquer pour une excursion en bateau. Le site est accessible via un long escalier qui descend jusqu’à la plage. La descente est facile, mais le retour peut être un peu plus sportif, surtout en pleine chaleur ! Pense à prévoir des lunettes de soleil : la blancheur éclatante de la roche combinée à la lumière méditerranéenne peut vite être éblouissante.

La Vallée des Temples d’Agrigente, un voyage dans le temps
Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Vallée des Temples est l’un des plus grands sites archéologiques de Sicile. Ce vaste complexe s’étend sur près de 1 300 hectares et offre une plongée fascinante dans la Grèce antique. Parmi les vestiges incontournables, on trouve le Temple d’Héra, érigé au Ve siècle av. J.-C. et partiellement détruit par un tremblement de terre au Moyen Âge. Le Temple de la Concorde, quant à lui, est l’un des temples doriques les mieux préservés au monde. Non loin, la statue déchue d’Icare repose sur le sol, ajoutant une touche poétique au décor.

Le site doit être particulièrement magique au coucher du soleil, lorsque la lumière dorée embrase les colonnes antiques. Pense à porter des chaussures confortables, car la visite implique beaucoup de marche ! J’ai adoré cette visite, car j’avais étudié ces temples durant mes études d’archéologie. C’est toujours impressionnant de les voir en vrai après les avoir vus en plans et en photos. Ce qui m’a particulièrement marquée, c’est le contraste entre ces vestiges d’une autre époque et la ville moderne en arrière-plan.
La Villa Romana del Casale, un trésor de mosaïques
Située près de Piazza Armerina, la Villa Romana del Casale est un joyau de l’époque romaine, inscrit à l’UNESCO. Construite au IVe siècle, elle aurait appartenu à Marcus Aurelius Maximianus, co-empereur sous Dioclétien. Son incroyable état de conservation est dû à un glissement de terrain survenu au XIIe siècle, qui l’ensevelit sous dix mètres de terre pendant près de 700 ans. Ce n’est qu’au XXe siècle que les fouilles mirent au jour ses impressionnantes mosaïques, qui couvrent plus de 3 500 m².

Parmi les scènes les plus célèbres, la « salle des dix jeunes filles » représente neuf (dix à l’origine) jeunes athlètes en train de s’entraîner, vêtues de bandeaux et de ce qui ressemble à des bikinis antiques. Ne manque pas non plus la « grande chasse », une fresque détaillée racontant la capture d’animaux exotiques pour les jeux du cirque. La visite se fait sur des passerelles surélevées permettant d’admirer les mosaïques sans les abîmer. Pensez à y aller tôt le matin ou en fin d’après-midi pour éviter la foule, ou bien encore hors saison comme moi. Encore une fois, cette visite m’a fait replonger dans mes souvenirs d’étudiante en histoire de l’art antique… Je mesure la chance que j’ai de pouvoir découvrir toutes ces merveilles en vrai !

J’aimerais tant voir Syracuse…
Matinée antique : à la découverte de la Grande-Grèce
Nous débutons la journée par le Parco Archeologico della Neapolis, un site incontournable pour plonger dans l’histoire de la Syracuse antique.
Le théâtre grec : Creusé à flanc de colline au Ve siècle av. J.-C., il pouvait accueillir jusqu’à 16 000 spectateurs. C’est ici que se jouaient les grandes tragédies d’Eschyle. Aujourd’hui encore, il accueille des représentations en plein air, une belle occasion de revivre la grandeur de la Grèce antique sous le ciel sicilien.

L’amphithéâtre romain : Construit au IIe siècle, il servait aux combats de gladiateurs et aux spectacles mettant en scène des animaux sauvages. Ses pierres ont été réutilisées au XVIe siècle pour la construction des fortifications d’Ortygie.
Les Latomies du Paradis : Ces anciennes carrières de calcaire ont fourni les pierres de la ville antique. Parmi elles, la célèbre Oreille de Dionysos, une grotte impressionnante de 23 mètres de haut et 65 mètres de profondeur. Selon la légende, le tyran Denys l’Ancien s’y postait pour espionner les conversations de ses prisonniers grâce à son acoustique exceptionnelle.
Après-midi baroque : balade à Ortygie
Après cette immersion dans l’Antiquité, cap sur Ortygie, le cœur historique de Syracuse, accessible par le pont Umbertino. Ses ruelles pleines de charme et ses places lumineuses invitent à flâner.
La Piazza del Duomo : Cette place majestueuse, bordée de palais et d’églises baroques, est un véritable musée à ciel ouvert. Elle a été aménagée sur l’ancienne acropole de la ville antique.
La cathédrale de Syracuse : Un édifice fascinant où les époques se superposent. Bâtie sur un ancien temple grec dédié à Athéna, elle conserve encore les imposantes colonnes doriques visibles à l’intérieur et sur sa façade. Son aspect actuel, de style baroque sicilien, est dû à la reconstruction menée après le séisme de 1693.

La fontaine Aréthuse : Selon la mythologie, la nymphe Aréthuse, poursuivie par le dieu Alphée, se transforma ici en source d’eau douce. Ce bassin monumental, orné de papyrus, est un lieu de rendez-vous apprécié où l’on peut observer poissons et canards.
L’église Santa Lucia alla Badia : Ce petit bijou baroque abrite une œuvre précieuse : L’Enterrement de Sainte Lucie, peint par le Caravage lors de son séjour à Syracuse en 1608. Un tableau à l’atmosphère saisissante, à ne pas manquer.
Ascension de l’Etna et flânerie à Taormine
Nouvelle journée sur la côte ionienne avec un programme qui allie aventure et détente. Le matin, cap sur l’Etna, le plus haut volcan actif d’Europe, pour une ascension entre paysages lunaires et sommets enneigés. L’après-midi, changement d’ambiance à Taormine, élégante station balnéaire perchée au-dessus de la mer Ionienne, où ruelles pittoresques et vestiges antiques offrent une parenthèse hors du temps.
L’ascension de l’Etna : entre cratères et panoramas saisissants
L’Etna, véritable géant de Sicile, culmine autour de 3 350 mètres, bien que son activité permanente en modifie régulièrement la hauteur. Pour l’approcher facilement, direction le Refuge Sapienza, sur le versant sud, point de départ privilégié des excursions. De là, la Funivia dell’Etna permet de grimper rapidement jusqu’à 2 500 mètres (comptez environ 30 € l’aller-retour). Pour les plus aventuriers, il est possible de poursuivre en minibus jusqu’à Torre del Filosofo (2920 m), voire même d’effectuer une randonnée accompagnée jusqu’aux cratères sommitaux, selon l’activité du volcan.

Le paysage est fascinant : étendues de lave noire, fumerolles et, en hiver, neige qui contraste avec les cendres volcaniques. Il faisait -1°C ce jour-là, un détail à ne pas négliger si vous tentez l’ascension ! L’Etna, surveillé en permanence par satellites et plus de 120 stations sismologiques, s’est réveillé plus de 200 fois depuis l’Antiquité. Son éruption la plus marquante reste celle de 1669, qui détruisit seize villages et une partie de Catane. Depuis 1987, le Parco dell’Etna protège ses 590 km² de paysages variés, allant des sommets arides aux forêts de hêtres et aux vignobles réputés de ses flancs.

Taormine, perle de la mer Ionienne
Après cette immersion volcanique, retour à la douceur méditerranéenne avec Taormine, perchée sur un promontoire rocheux et offrant une vue imprenable sur la mer. Fondée au IVe siècle av. J.-C., elle a connu son apogée sous les dominations grecque et romaine, avant de redevenir un lieu de villégiature prisé dès le XVIIIe siècle.

Le théâtre antique : un spectacle à ciel ouvert
Impossible de visiter Taormine sans s’arrêter à son théâtre antique, joyau du patrimoine sicilien. Construit au IIIe siècle av. J.-C., il est le deuxième plus grand théâtre grec de Sicile après celui de Syracuse, avec ses 109 mètres de diamètre. Son acoustique parfaite lui permet encore aujourd’hui d’accueillir des concerts et festivals. Depuis les gradins sculptés à même la roche, le panorama est exceptionnel : d’un côté, l’Etna, majestueux, de l’autre, la mer Ionienne qui s’étend à perte de vue.

Flânerie dans le centre historique
Au cœur de Taormine, la Piazza IX Aprile est un incontournable avec son sol pavé, son église San Giuseppe et la Tour de l’Horloge. Un peu plus loin, la Piazza Santa Caterina offre un aperçu de la vie locale, entre cafés en terrasse et petites boutiques. Depuis la Piazza IX Aprile, le belvédère dévoile un panorama saisissant sur la mer, parfait pour une pause contemplative. C’est d’ailleurs ce cadre enchanteur et cette douceur de vivre qui ont servi de décor à plusieurs scènes du film Le Grand Bleu de Luc Besson. Taormine y dévoile ses ruelles pittoresques et ses panoramas spectaculaires sur la mer, ajoutant à l’esthétique envoûtante du film et renforçant le charme intemporel de cette ville suspendue entre ciel et Méditerranée.

Parc des Madonie, Castelbuono et Cefalù
Aujourd’hui, nous prenons la direction de la côte tyrrhénienne de la Sicile. En quittant l’intérieur des terres, nous traversons le Parc des Madonie, un territoire de montagnes couvert de forêts de chênes, de châtaigniers et de frênes. Ce parc naturel, moins connu que l’Etna, offre pourtant des paysages magnifiques et semble idéal pour la randonnée. Nous faisons une halte au Sanctuaire de Gibilmanna, perché à 800 mètres d’altitude. C’est l’un des lieux de pèlerinage les plus importants de l’île, où la Vierge aurait accompli plusieurs miracles. De là-haut, la vue sur la mer Tyrrhénienne est superbe.

Castelbuono, perle des Madonie
Notre route nous mène ensuite à Castelbuono, petite ville au charme médiéval, blottie au pied des montagnes. Elle doit une grande partie de son patrimoine à la famille Ventimiglia, qui dirigea la région à partir du XIVe siècle. L’imposant château des Ventimiglia, construit en 1316 par François Ier de Vintimille, domine la ville. À l’intérieur, on peut découvrir la chapelle Palatine décorée de stucs baroques et la relique de Sainte Anne, très vénérée ici. Le centre historique est un vrai dédale de ruelles pavées où il fait bon flâner. Sur la Piazza Margherita, la Matrice Vecchia, l’ancienne église principale du XIVe siècle, abrite un superbe polyptyque du couronnement de la Vierge, attribué à Pietro Ruzzolone. Non loin, l’église Matrice Nuova et la fontaine de Vénus Ciprea méritent aussi une visite. Si vous passez par Castelbuono, un arrêt chez Fiasconaro s’impose ! Cette pâtisserie renommée est célèbre pour son panettone revisité aux saveurs siciliennes, notamment à la pistache. Une vraie gourmandise à ramener en souvenir.

Cefalù, entre plage et patrimoine
En fin de journée, nous arrivons à Cefalù, l’une des plus belles villes côtières de Sicile. Sa longue plage de sable doré invite à la détente, parfaite pour un moment de farniente face à la mer Tyrrhénienne. Mais Cefalù, ce n’est pas seulement sa plage. Son centre historique est un vrai bijou. Il faut voir son lavoir médiéval (Lavatoio), alimenté par une source naturelle, témoignage du passé arabe de la ville.

La cathédrale de Cefalù, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, est un chef-d’œuvre de l’architecture arabo-normande, à l’image de la Chapelle Palatine de Palerme et de la cathédrale de Monreale. À l’intérieur, les mosaïques byzantines, notamment la figure du Christ Pantocrator dominant l’abside, sont impressionnantes. Enfin, pour une vue panoramique sur la ville et la mer, il est possible de monter au sommet de la Rocca di Cefalù. La montée est un peu sportive, mais la récompense est à la hauteur de l’effort.

Cette journée entre montagne et mer nous a offert un bel aperçu de la diversité de la Sicile. Entre nature préservée, villages chargés d’histoire et douceur du littoral, il y a ici de quoi combler toutes les envies d’évasion.
Fin du road trip en Sicile : Monreale et Mondelo
Toutes les bonnes choses ont une fin et nous voici à l’épilogue de ce très beau voyage. Avant de regagner l’aéroport de Palerme, nous profitons des dernières heures qu’il nous reste pour visiter Monreale et balader en bord de mer à Mondello.
Monreale et sa cathédrale
C’est Guillaume II qui entreprit la construction de la cathédrale de Monreale. Il voulait surpasser son grand-père Roger II qui avait lui même fait ériger la Chapelle Palatine et la cathédrale de Cefalù. Ici aussi, on peut observer le mélange d’éléments normands, arabes, byzantins et classiques dans l’architecture de l’édifice. 7000 m² de mosaïques décorent l’intérieur de la cathédrale ! Ce chef-d’oeuvre a été achevé en 1184. Le Christ en majesté présent dans l’abside centrale est accompagné sur le reste des murs, de 42 scènes de la Bible, de la création de l’Homme à l’Assomption.

Mondello, station balnéaire
La station balnéaire de Mondello se situe à 11 km au nord du centre-ville de Palerme. Mondello, c’est surtout une sublime plage de sable fin qui s’étend sur 1,5 km, avec une mer d’un bleu turquoise qui donne immédiatement envie de piquer une tête ! La station balnéaire est un véritable repère de trésors architecturaux et de villas au style liberty (art nouveau), comme en témoigne le « stabilimento balneare », ancien établissement balnéaire.

Cet ancien port de pêche devint à la mode au 19ème siècle et attira l’aristocratie palermitaine. Encore aujourd’hui, tout Palerme se retrouve ici l’été. La ville abrite de nombreux restaurants qui avec leurs étalages de poisson frais, vous mettent tout de suite en appétit…c’est d’ailleurs dans ce cadre maritime idyllique que nous décidons de déguster notre dernier repas sicilien : spaghetti alle vongole, un régal !
*****
Quand partir pour un road trip en Sicile ?
La Sicile se visite toute l’année, mais pour profiter au mieux des paysages et des sites historiques, privilégie le printemps (avril à juin) ou l’automne (septembre à début novembre). Les températures sont agréables, la lumière douce et l’affluence touristique plus modérée. En plein été, la chaleur peut être intense, surtout dans la vallée des Temples ou sur les falaises de la Scala dei Turchi, et l’ascension de l’Etna peut devenir éprouvante. L’hiver est plus calme, avec moins de monde et une ambiance différente, idéale pour explorer les villes et profiter des spécialités locales.
Et voilà pour ce road trip d’une semaine en Sicile ! Entre villes animées, villages perchés, plages spectaculaires et sites antiques, l’île offre une diversité incroyable en peu de kilomètres. Libre à toi d’adapter cet itinéraire selon tes envies, de rallonger certaines étapes ou de t’accorder plus de temps pour flâner. Que tu viennes pour la première fois ou que tu reviennes explorer d’autres facettes, la Sicile saura toujours te surprendre. Et si comme moi, tu es fan de l’Italie et de ses merveilles, je te propose de consulter la rubrique Italie de mon blog pour d’autres belles idées de voyage.
A bientôt pour de nouvelles escapades ici ou ailleurs…




Marie Christine GATTO
13.08.2025 at 22:36Un road trip alléchant!
Ça donne envie de découvrir toutes ces richesses ….